SNCASO SO 4050 Vautour IIN

Histoire

Après l’échec du bombardier biréacteur SO 4000, qui de toute façon ne correspondait plus aux vues de notre état-major, l’ingénieur Jean-Charles Parot a développé ce très élégant biréacteur de combat dont l’une des caractéristiques principales étaient d’avoir un train monotrace avec des roues principales dans l’axe du fuselage et des balancines latérales sous les fuseaux moteurs. Le premier Vautour IIN (Chasse de nuit) a volé pour la première fois aux mains de Jacques Guignard et de Michel Rétif (qui sera le mécanicien navigant du premier vol de Concorde) le 16 octobre 1952.

Le Vautour IIN, propulsé par deux réacteurs SNECMA Atar 101C identiques à ceux du Super Mystère B2 de Dassault, passera le mur du son en 1952. Equipé d’un radar dans la pointe avant, L’avion pouvait opérer de nuit et pouvait tirer des missiles ; Produit à 70 exemplaires, le biplace en tandem a servi à la 30ème escadre de chasse tout temps de Reims jusqu’à son remplacement par des Mirage F1. Ce sont des Vautour IIN du groupe de marche 85 qui ont prélevé des échantillons dans le nuage radioactif des essais nucléaires à Mururoa ; cinq d’entre eux seront tellement radioactifs qu’on devra les immerger.

Le Vautour IIA était un monoplace d’attaque au sol construit à 30 exemplaires ; si une petite quinzaine a volé au sein de l’escadron 3/30 Lorraine, la plupart des Vautour IIA ont combattu en Israël où ils ont prouvé leurs capacités.

Le biplace de bombardement Vautour IIB était reconnaissable à son nez vitré dans lequel prenait place le navigateur bombardier qui disposait d’un viseur Norden, l’avion étant dépourvu de radar de navigation et de bombardement. Sur les 40 exemplaires construits, 36 ont volé au sein de l’escadron 1/92 Bourgogne et 2/92 Aquitaine à Bordeaux, complétés par des Vautour IIN.

Si les Vautour ont quitté l’Armée de l’air en 1978, certains Vautour IIN ont continué à voler au sein du Centre d’Essais en Vol où ils ont servi de bancs d’essais volants pour tester les radars destinés notamment à nos Mirage 2000.

Il n’est pas visible pour le moment.

Provenance de l’appareil exposé

Le Vautour IIN n°304 fait partie des premiers avions de série, le premier livré à l’Armée de l’air étant le 300. La version IIN, de par sa configuration (fort maître-couple, charge utile importante, possibilité d’emporter un expérimentateur), était parfaitement adaptée à la fonction de banc d’essais en vols de radars. Arrivé au CEV, le 304 rejoint une douzaine de ses frères d’armes et reçoit des caméras sous les nacelles réacteurs destinées à enregistrer le largage des charges et le tir des engins ; puis vient se greffer une pointe avant radar pour étudier le comportement en vol des Thomson/CSF ou Dassault Electronique, pointe avant qu’il a toujours. Retraité du CEV, il est acquit par le musée de l’Air et transféré au musée de Savigny-les-Beaunes. Au décès de Michel Pont, le musée de l’air l’affecte à Montélimar.

Fiche technique