DASSAULT AVIATION Mirage III T - 01

Histoire

Alors que le Mirage III est en pleine production de série sur les chaînes d’assemblage de l’usine de Bordeaux-Mérignac, le constructeur poursuit en parallèle les études d’un avion de chasse à décollage vertical dérivé du Mirage III V-001 appelé Balzac.

Les réacteurs de construction française n’étant pas suffisamment puissants, le bureau d’études se tourne vers le constructeur américain Pratt & Whitney qui lui propose les TF-104 et TF-106, deux réacteur double-flux à post-combustion délivrant pour le dernier 5 tonnes de poussée à sec, et 9 tonnes de poussée avec PC. Mais les réacteurs proposés par Pratt & Whitney sont d’un diamètre bien supérieur aux réacteurs de la SNECMA propulsant les Mirage III et il n’existe aucun moyen de les tester en vol.

Il est donc décidé de construire une cellule complète capable de recevoir les réacteurs américains en minimisant les frais engagés. C’est ainsi que nait le Mirage III T (pour Turbofan) avec un fuselage entièrement redessiné, une voilure de Mirage classique et des trains de Mirage III légèrement modifiés.

Le banc d’essais volant effectue à Melun des essais de roulement et des accélérations arrêts : au cours de l’un d’eux, Jean Coureau soulève la roue avant aux alentours de 100 kts puis réduit les gaz, mais le réacteur se met à pomper. Le pilote laisse alors l’avion en bout de piste et rentre à pied au parking ; ce ne sera pas la dernière fois…

Transféré à Istres, le III T décolle pour la première fois aux mains de Jean Coureau le 4 juin 1964 et entame sa campagne d’essais en vol. Le TF-106, plus puissant, remplace le TF-104 et l’avion revole le 25 janvier 1965 aux mains du même pilote qui juge l’avion malsain, jusqu’au jour où l’on découvre que la trappe de train avant provoque des perturbations aérodynamiques aux entrées d’air. Dès lors, les essais se poursuivent sans plus de soucis. Le TF-306 est finalement monté, sans problèmes majeurs.

Ayant couvert la mission pour laquelle il avait été conçu, cet exemplaire unique acheva sa campagne d’essais en 1966, dès que la décision fut prise d’abandonner l’idée d’un Mirage IIIV de série. Un biplace, appelé Mirage IIIT2 et équipé du même réacteur n’a pas été terminé.

Provenance de l’appareil exposé

L’avion que nous avons au musée est une véritable pièce de collection puisqu’il n’a existé qu’en un seul exemplaire. Après avoir terminé sa campagne d’essais, le Mirage III T a quitté Istres pour être érigé en pylône à l’Ecole des mécaniciens de l’Armée de l’air de Rochefort (B.A 721) où il a occupé la place d’honneur, face au bâtiment du commandement de l’école, pendant plus de 40 ans. Endommagé par son exposition répétée aux intempéries, cet avion unique est en cours de restauration, certaines pièces étant refaites à neuf par les bénévoles du musée.