Microturbo, qui fait maintenant du groupe SAFRAN, est une société française spécialisée dans la fabrication de micro-réacteurs destinés à produire l’énergie suffisante pour assurer la mise en route des réacteurs d’avions civils ou militaires. Dans le cas des avions de ligne, ces groupes de puissance appelés APU (Auxilliary Power Unit) produisent aussi leur alimentation électrique, permettant ainsi aux avions en escale d’être totalement autonomes. Ces petits groupes de puissance sont généralement logés dans la partie arrière du fuselage des avions de ligne. En 1972, Jim Bede passe à Microturbo une commande de 2 000 TRS18 de 110 kg de poussée pour propulser son petit BD-5J, mais les avions ne se vendent pas et les réacteurs finissent dans un engin-cible.
L’idée de construire un petit avion avec ces mêmes micro-réacteurs est reprise en 1980 par Claude Fimbel, alors chef du Bureau d’Etudes des avions Fournier. Ainsi nait le Microjet 200, un petit biplace d’entraînement léger en bois dont le poids à vide ne dépasse pas 600kg. Construit chez Fournier à Nitray (Indre et Loire) autour de deux Microturbo TRS18-046 de 112kg de poussée, le prototype décolle de Toulouse-Blagnac le 24 juin 1980 aux mains de Jacques Grangette. L’avion dispose d’un train rentrant, de deux sièges décalés, chaque pilote disposant d’un mini-manche monté sur une console latérale. Présenté dans différents salons, l’avion est séduisant, mais prends un temps fou pour monter à l’altitude qui lui permet de commencer ses évolutions. La faible puissance des réacteurs ne fait pas de miracles.
Le Microjet 200B correspond à la version prévue pour la série. Mi-métallique, mi-composite, il est construit à Marmande chez Creuzet Aéronautique, et ses lignes sont celles du prototype. Il en diffère par un léger dièdre de voilure, une quille sous la dérive, deux fines moustaches à l’avant, une instrumentation de type militaire et des réacteurs un peu plus puissants puisqu’ils développent 130kg de poussée. C’est encore Jacques Grangette qui effectue le premier vol de l’avion le 15 mars 1983, essais repris par Claude Lelais qui deviendra ensuite le pilote d’essais de l’Airbus A380.
Seulement trois Microjet 200B seront construits à Marmande, les avions ne suscitant pas l’intérêt d’une clientèle peu intéressée par la faible puissance des réacteurs. Les petits biréacteurs connaitront une fin peu glorieuse. Le prototype en bois finit ses jours à Marmande. Quant aux trois Microjet 200B, le 01 a été perdu dans la Manche, tuant son pilote, le 02 est conservé au musée d’Angers et le 03 est exposé à Montélimar.
Des trois Microjet 200B construits, seule le troisième et dernier prototype a porté une couleur qui rappelait celle de nos Mirage 2000, un clin d’œil aux décideurs de nos forces armées… qui n’ont pas mordu à l’hameçon. Il reste que le 03 reste le plus abouti des Microjet construits. En 1989, il a reçu des extensions de dérives en même temps que ses nouvelles couleurs, avant d’être présenté en vol au Salon de l’aviation au mois de juin de la même année. Arrêté de vol peu de temps après le Salon, il est resté longtemps en pot de fleur à Marmande devant l’usine Creuzet Aéronautique, avant d’être confié à l’escadrille Orion. Abimé par les intempéries, le musée l’a récupéré en mars 2026 pour lui refaire une beauté et l’exposer à l’abri !
Il n’est pas visible au public pour le moment.