Etroitement dérivé du biplace d’entrainement Mirage 2000B, le Mirage 2000N a une vocation totalement différente, puisqu’il été conçu pour remplacer les Mirage IIIE et les Jaguar dans le rôle de bombardier nucléaire tactique. Comme eux, il reçoit le camouflage gris et vert des avions dont la vocation est de voler au plus près du relief pour échapper aux radars adverses.
Le cœur du système d’armes du Mirage 2000N est son radar antilope V spécialement conçu pour le suivi de terrain et la cartographie radar. C’est ce radar qui permet à l’avion de pouvoir voler sans intervention de l’équipage à un peu plus de 1 000 km/h à 70 m du sol ! En temps de paix, ces paramètres sont bien sûr modifiés pour limiter les nuisances sonores.
Les Mirage 2000N étaient conçu pour voler avec un équipage composé d’un pilote en place avant et d’un navigateur responsable du système d’arme (NOSA) en place arrière, leur mission consistant à rejoindre à l’heure précise le point exact de tir du missile nucléaire ASMP (Air-Sol Moyenne Portée) de jour comme de nuit et par tous les temps.
Ces avions, démunis de canons comme tous les biplaces, pouvaient aussi emporter de l’armement conventionnel comme des bombes ou des lance-roquettes. Comme tous les 2000, le Mirage 2000N était ravitaillable en vol. Les Mirage 2000N ont équipé les trois escadrons de la 4ème escadre répartis à Luxeuil et à Istres avec une dotation de 60 avions, tout en bénéficiant d’avions de réserve à Châteaudun.
La mise au point du 2000D, la version tactique, ayant pris du retard, il a même été décidé d’équiper un des escadrons de Nancy, le 2/3 “Champagne” à partir de mars 1991. Les 75 Mirage 2000N livrés à l’Armée de l’Air ont maintenu l’alerte nucléaire permanente de 1988 à 2018.
Le Mirage 2000N n°344 (n° constructeur 291) exposé au musée, est sorti d’usine en 1989 et a été affecté en juillet 90 à l’escadron 1/4 “Dauphiné” de Luxeuil où il a reçu l’immatriculation F-ULAJ et le code 4-AJ. En juillet 2001, il est décoré à l’occasion des 10 ans de la SPA92 “Lion de Belfort”. Transféré à l’escadron voisin en septembre 2003, il reçoit d’abord l’immatriculation F-ULBV et le code 4-BV, puis 116-BV au 2/4 “La Fayette”. Retiré du service en 2012, il rejoint d’abord Châteaudun, puis Ambérieu où il est stocké jusqu’en janvier 2025, date à laquelle des bénévoles du musée sont allés le démonter.
L’avion porte d’un côté de la dérive l’insigne de la SPA 167 “Cigogne de Romanet” et celui de la SPA 160 “Diable Rouge” de l’autre côté.